Les prisonniers politiques du bloc 8406

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                                Jean Lefrançois

Il n’existe encore que très peu de documentation en langue française sur le mouvement actuel de dissidence au Vietnam. Peu d’articles ont été écrits sur les idéaux et les motivations qui animent les opposants ainsi que sur leurs itinéraires particuliers. Pour contribuer à faire mieux connaître les dissidents vietnamiens, nous avons essayé de recueillir des informations concernant des prisonniers politiques, encore internés ou déjà libérés, appartenant à un groupe de lutte non-violente pour les libertés fondamentales et la démocratie, le bloc 8406. Cette collecte n’est pas une tâche facile. Les sources sont rares, parfois contradictoires, incertaines et difficiles à vérifier. Dans cette  publication, nous avons essayé de mettre en forme les résultats d’une première recherche effectuée à partir d’ une liste officielle du bloc 8406. Il s’agit là d’une version susceptible d’être corrigée et mise à jour ultérieurement. Notre travail se présentera sous la forme d’une série de notices consacrées à chacun des prisonniers énumérés dans la liste en question.

Le bloc 8406 est une association qui regroupe tous les signataires du « Manifeste pour les libertés démocratiques » publié le 8 avril 2006, une date (8-4-06) qui a donné son nom au groupe. Le manifeste déplorait la perte des libertés fondamentales au Vietnam et appelait à la lutte « pacifique et non-violente » pour les rétablir. Les droits que les citoyens vietnamiens devaient récupérer étaient ainsi énumérés : la liberté d’expression et de communication, la liberté d’association et de création de partis politiques, la liberté pour les activités syndicales indépendantes, la liberté religieuse.

Le nombre de signataires du manifeste était de 118 à sa publication. Les effectifs gonflèrent rapidement. Le 22 août 2006, il y avait 1951 adhérents. Plus tard, les responsables du bloc 8406 ont fait état de plus de 3800 adhérents, sans compter les personnalités étrangères ayant envoyé leur soutien. Un tel développement a bien sûr inquiété les autorités communistes. Le mouvement de dissidence a été aussitôt considéré par ces dernières comme subversif. Les adhérents du mouvement les plus actifs ont rapidement été arrêtés, jugés et condamnés, la plupart du temps, à de lourdes peines.

Les responsables du bloc 8406 tiennent soigneusement à jour la liste des membres arrêtés depuis la fondation du mouvement en avril 2006. La liste mise à jour au mois de décembre 2011, comporte les noms de 50 personnes. 17 d’entre elles ont été jugées et sont aujourd’hui encore détenues. 6 membres du bloc actuellement internés attendent toujours d’être jugés. Enfin, 27 membres du groupe, arrêtés et jugés à diverses époques ont été libérés. Cependant, beaucoup sont encore en période d’assignation à résidence et, de ce fait, sévèrement contrôlés par les autorités locales.

Les notices que nous présentons ci-dessous concernent pour le moment deux groupes de prisonniers du bloc 8406. Un premier groupe est constitué par 17 personnes condamnées à diverses dates et actuellement encore internées . Le second groupe est composé de 8 personnes, ayant achevé leur peine de prison et récemment libérées. Elles se trouvaient encore dans le groupe de personnes internées, sur la liste mise à jour par les responsables du bloc le 7 juillet 2011. Les notices sur les autres dissidents mentionnés dans la liste complète officielle du bloc 8406 seront publiées ultérieurement.

I- Adhérents du bloc 8406 arrêtés, jugés et encore en prison.
1 – Đoàn Huy Chương,

Syndicaliste condamné à sept ans de prison.

Il est cofondateur de l’Union des paysans et ouvriers, l’un des seuls syndicats libres du Vietnam. Ce fait a été souligné dans le communiqué de Human Rights Watch demandant la libération immédiate de Đoàn Huy Chương et de deux autres dissidents à la veille de leur procès en appel du 18 mars 2010.

Đoàn Huy Chương est né en 1985 dans la province de Dông Nai. Professionnel de haut niveau, il participe de bonne heure aux luttes ouvrières En 2006 avec quatre jeunes amis, il signe une lettre adressée aux plus hautes instances du parti et de l’État. Les signataires y dressaient  la liste des revendications ouvrières. À la fin de l’année 2006, avec son père et quelques compagnons, il fonde  l’Union des paysans et ouvriers. Il en est le premier président. Les dirigeants du nouveau syndicat sont rapidement arrêtés. Đoàn Huy Chương est condamné  une première fois, à 18 mois de prison. Au milieu de l’année 2008 il tombe gravement malade et est libéré. Il ne tarde pas à reprendre ses activités syndicales.

Le 13 février 2010, il est appréhendé à nouveau. Le même mois, deux autres membres du bloc 8406, Nguyễn Hoàng Quốc Hùng et Dỗ Thi Minh Hạnh (voir leur notice plus loin) furent successivement arrêtés. Les trois ont comparu devant le tribunal populaire de la province de Trà Vinh, le 20 octobre 2010. Ils sont accusés d’avoir saboté l’ordre et la sécurité dans une visée antigouvernementale. Đoàn Huy Chương fut condamné à 7 ans de prison, tandis que ses deux amis écopaient respectivement de 7 et 9 ans de prison. Le 18 mars 2011, le tribunal de deuxième instance de Trà Vinh confirmait les peines précédentes.

Sources

Radio Free Asia, émissions en vietnamien.

MẠNG LƯỚI NHÂN QUYỀN VIỆT NAM

http://www.vietnamhumanrights.net/website/MLNQVN_110710.htm

2 – Trương Minh Đức,

Journaliste, aujourd’hui âgé de 51 ans. Il est membre du parti Vì Dân et du bloc 8406. Depuis l’âge de 20 ans, il a participé à de nombreuses activités de caractère social. À partir de 1994, sous divers noms de plume, il rédige un grand nombre d’articles dénonçant l’utilisation de la violence, la corruption, l’injustice. Ces textes paraissent dans divers journaux officiels. À partir de 2002, il signe, sous d’autres pseudonymes, des articles soutenant la cause des victimes des spoliations de terrain par les pouvoirs publics. Il a été arrêté le 5 mai 2007 dans sa maison de Vĩnh Thuận, province de  Kiên Giang. Après 10 mois de réclusion, le tribunal populaire de Vĩnh Thuận, à l’issue d’un procès-éclair, l’a condamné à 5 ans de prison. Le 18 juillet 2008, lors de son procès en appel, le tribunal de Kiên Giang se contente de confirmer la peine initiale, malgré une brillante plaidoirie de son avocat, Me  Lê Trần Luật, qui a également défendu les catholiques de la paroisse de Thái Hà. Peu de temps avant son procès en appel, il avait confié à sa parenté : « Je continuerai ma résistance car j’estime que la lutte pour la démocratie, la liberté, la justice sociale et les intérêts des pauvres ne constitue pas un crime…, », une déclaration qu’il répéta d’ailleurs, sous une autre forme, après l’énoncé de sa condamnation.

Source

MẠNG LƯỚI NHÂN QUYỀN VIỆT NAM !:  http://www.vietnamhumanrights.net/website/MLNQVN_110710.htm

3- Đỗ Thị Minh Hạnh.

Cette jeune étudiante a été condamnée à 7 ans de prison avec deux autres membres du bloc 8406, Hoàng Quốc Hùng (9 ans) et Đoàn Huy Chương (7 ans) (voir leurs notices dans cette liste) par le tribunal populaire de la province de Trà Vinh, le 20 octobre 2010. Cette sentence fut confirmée en appel le 18 mars 2011. Selon un rapport de Human Rights Watch de mars 2011, son seul crime aura été de venir en aide aux personnes injustement spoliées de leur propriété, en particulier aux ouvriers et aux paysans.

Minh Hạnh est née le 3 mars 1985. Ses parents étaient « cadres officiels » à Di Linh dans la province de Lâm Đồng. Au moment de son arrestation, le 23 février 2010, elle poursuivait encore des études à l’université de Saïgon. Très jeune, elle a découvert les nombreuses victimes de « l’ordre social » actuel, en particulier dans le monde ouvrier et paysan. Elle s’est engagée à leur service. Elle s’était liée d’amitié avec de nombreux dissidents. Sa mère qui est très proche d’elle a recueilli ses confidences de prisonnière. Elles ont été diffusées sur Internet.

Sources

http://www.danchimviet.info/archives/40908

http://cohocvietnam.blogspot.com/2011/08/o-thi-minh-hanh.html

4 – Maître Trần Quốc Hiền, condamné à cinq ans de prison.

Trần Quốc Hiền, également connu sous le nom de Ba Tám et de Ba Dũng, est né en 1965. Il est avocat et jusqu’à son arrestation, il était directeur d’un cabinet de conseil juridique à Saïgon. Dans de nombreux articles qu’il a mis en ligne sur Internet, cet adhérent du bloc 8406 a surtout milité pour le rétablissement de la démocratie au Vietnam et la défense de la classe ouvrière. Il a demandé la suppression de l’article 4 de la constitution vietnamienne, article qui affirme la prééminence absolue du parti communiste. Trần Quốc Hiền préconise, au contraire, le pluralisme aussi bien dans le domaine politique que syndical. Il a fait connaître ses revendications à l’occasion de la venue au Vietnam d’une délégation américaine, au mois de novembre 2006.
Son procès a eu lieu le 15 mai 2007 au tribunal populaire de Hô Chi Minh-Ville qui l’a condamné à 5 ans de prison ferme : 3 ans pour propagande contre la République socialiste du Vietnam et 2 ans pour atteinte à la sécurité publique. Sa peine de prison sera suivie de 2 ans d’assignation à résidence. Selon la presse officielle de l’époque, le tribunal lui aurait aussi reproché d’avoir incité les ouvriers à entamer des grèves illégales.
Sources
http://www.voanews.com/vietnamese/news/a-19-2007-05-15-voa13-81702207.html
http://vietbao.vn/An-ninh-Phap-luat/Tuyen-phat-Tran-Quoc-Hien-5-nam-tu/45238541/301/

 

5 – L’enseignant Vi Đức Hồi, condamné à cinq ans de prison et trois ans de résidence surveillée

Vi Đức Hồi est aujourd’hui âgé de 56 ans. Il a adhéré au parti communiste vietnamien en 1980. Il est resté longtemps le directeur de l’école du parti Huyên Huu Lung  dans la province de Lạng Sơn. Pour la première fois, en 2006, il fait connaître publiquement ses opinions personnelles en réclamant des réformes démocratiques. Un an plus tard, il fut expulsé du parti. Il a publié de nombreux textes signés d’abord de pseudonymes, puis de son nom personnel, mis en ligne sur Internet. Il y dénonce les dérives totalitaires du parti communiste. En 2009, Vi Đức Hồi recevait un prix de l’association Human Rights Watch en récompense de sa contribution à la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme. Il a été arrêté le 27 octobre 2010 dans sa résidence personnelle.

Le 26 janvier 2011, le tribunal populaire de la province de Lạng Sơn l’a condamné à 8 ans de prison, pour propagande antigouvernementale, un crime défini à l’article 88 du code pénal. Le 26 avril suivant, le tribunal de seconde instance de la même province rendait un jugement moins sévère. La peine était réduite à 5 ans de prison et 3 ans de résidence surveillée. Il est aujourd’hui interné dans le camp de Yên Trạch, province de Lạng Sơn.

Sources

VOA

http://www.voanews.com/vietnamese/news/vietnam/vietnam-dissident-vi-duc-hoi-01-26-2011-114640404.html

BBC : http://www.bbc.co.uk/vietnamese/vietnam/2011/04/110426_viduchoi_appeal.shtml

6 – L’étudiant Nguyễn Hoàng Quốc Hùng, condamné à neuf ans de prison

 

Le 20 octobre 2010, Nguyễn Hoàng Quốc Hùng était condamnée à 9 ans de prison par le tribunal populaire de la province de Trà Vinh tandis que ses deux coinculpés Đoàn Huy Chương et Đỗ Thị Minh Hạnh. écopaient tous les deux de sept ans de prison ferme (voir la notice de ces deux prisonniers de conscience).

Les informations concernant Nguyễn Hoàng Quốc Hùng sont peu nombreuses. Il avait 29 ans au moment de son procès. Il est qualifié d’étudiant dans la liste officielle des prisonniers politiques du bloc 8406. Son domaine d’études était semble-t-il les techniques informatiques. Avec Đỗ Thị Minh Hạnh, il avait mené de nombreuses actions en faveur des paysans et des ouvriers. La presse officielle a rapporté qu’il avait incité les ouvriers à la grève. Il avait été arrêté alors qu’il circulait sur une route du Đồng Nai, le 23 février 2010, le même jour que son amie Đỗ Thị Minh Hạnh. Lors du procès, refusant l’assistance d’un avocat, il  avait lui-même assuré sa propre défense.

 

7 – Colonel Trần Anh Kim, condamné à cinq ans et six mois de prison.

Né en 1949 dans la province de Thái Bình, Trần Anh Kim s’engage à 17 ans dans les forces armées. Il y fait une bonne carrière et en 1989 à l’âge de 50 ans, il est colonel, commandant adjoint de la région militaire de Thái Bình. Dans les années 90, on lui reproche sa mauvaise gestion économique et, en octobre 94,une cour militaire le condamne à 2 ans de prison. À sa libération, il rencontre de nombreuses difficultés avec l’administration alors qu’il cherche à assurer sa retraite.

À partir de 1995, il s’engage activement dans le mouvement de revendication des paysans spoliés de leur terre. Avec quelques autres, il participe à la création de «conseils anticorruption », ainsi qu’à la fondation de l’association des « personnes spoliées » (dân oan). Dès sa naissance, le bloc 8406 obtient son soutien actif. À cette époque, il est déjà connu de tous pour son opposition au régime. Sur le réseau Internet, on peut lire de nombreux pamphlets rédigés par lui contre la politique menée par le parti communiste vietnamien. Au mois de juin 2006, il adhère au parti démocratique vietnamien dont il devient le premier responsable pour la province de Thái Bình. Il deviendra plus tard membre du comité central de ce parti puis, plus tard, adjoint au secrétaire général.

Il est arrêté le 7 juillet 2009 en même temps que Nguyễn Tiến Trung. Le 28 décembre suivant, il comparaît devant le tribunal populaire de  Thái Bình. L’acte d’accusation lui fait grief de 85 textes antigouvernementaux écrits et diffusés par lui. Lui-même en a reconnu 60. Il a été condamné à 5 ans et 6 mois de prison pour activités visant à renverser le pouvoir populaire.

Sources

http://vi.wikipedia.org/wiki/Tr%E1%BA%A7n_Anh_Kim

http://dantri.com.vn/c20/s20-369914/tran-anh-kim-bi-tuyen-an-hon-5-nam-tu-giam.htm

8 – Le P. Nguyễn Văn Lý condamné à huit ans de prison.

La figure emblématique de la dissidence vietnamienne, le P. Nguyễn Văn Lý, est aujourd’hui encore en prison. Il purge une peine de 8 ans qui lui a été infligée par le tribunal populaire de Huê, le 30 mars 2007, à l’issue d’un procès où l’on avait pu voir les policiers l’empêcher physiquement de parler. Son internement avait été interrompu le 15 mars 2010, date à laquelle il avait été provisoirement libéré pour se soigner d’une hémiplégie consécutive à un accident vasculaire survenu en prison. 15 mois plus tard, le 25 juillet 2011, une voiture de police le ramenait au camp de Ba Sao pour y achever sa peine.

Dans une plainte envoyée au tribunal des droits de l’homme à Genève le 8 juin 2010, le P. Nguyễn Văn Lý a lui-même fait la liste de l’ensemble de ses confrontations avec l’État vietnamien, pendant près de 35 ans. Nous lui laissons la parole :

« a.) Le 18 août 1977, les détenteurs du pouvoir communiste au Vietnam m’ont arrêté et interné dans le camp de détention temporaire de Thừa Phủ, Huế, jusqu’au 24 décembre 1977. J’ai été arrêté pour avoir diffusé les deux déclarations de feu Mgr Philippe Nguyễn Kim Điền, qui avait affirmé lors d’une réunion organisée par le gouvernement en 1977 qu’il n’y avait pas encore de véritable liberté religieuse au Vietnam. J’ai été ensuite assigné à résidence à l’archevêché de Huê pendant près d’un an (1977-1978), puis dans la paroisse de Doc So pendant 2 ans (1981-1983).

b.) A la fin de l’année 1983, les détenteurs du pouvoir communiste au Vietnam m’ont condamné à 10 ans de prison et 3 ans d’assignation à résidence. J’ai été détenu dans le camp de détention provisoire de Thừa Phủ, Huế, et dans deux camps de rééducation, à savoir le camp K1 de Thanh Hoá et le camp K1, à Ba Sao dans le Hà Nam (du 18 mai 1983 au 29 juillet 1992). On m’a alors volé un sac entier d’ouvrages importants, un certain nombre de magnétophones et de radios sans que soit signé le moindre procès- verbal. J’avais été arrêté cette fois-là pour avoir conduit des fidèles en pèlerinage à Notre-Dame de La Vang, le 13 août 1981, un pèlerinage interdit par la Sécurité.

A la fin de ma période de détention, j’ai été de nouveau astreint à la résidence surveillée, d’abord à l’archevêché de Huê (1992-1995), ensuite à la paroisse de Nguyệt Biều pendant 5 ans (1995- 2001). Cette dernière assignation m’avait été infligée pour avoir écrit un manifeste sur la situation de l’Eglise catholique dans le diocèse de Huế (24 novembre 1994).

c.) A la fin de l’année 2001, les détenteurs du pouvoir communiste au Vietnam m’ont condamné à 15 ans de prison et à 5 ans d’assignation à résidence. J’ai d’abord été détenu au camp de détention provisoire de Thừa Phủ (Huế), puis au camp de Ba Sao (Hà Nam) (du 18 mai 2001 au 7 février 2005). Cette fois encore, j’ai été dépouillé d’un certain nombre de livres importants… comme d’habitude, aucun procès-verbal n’a été dressé… Cette fois-là, j’ai été condamné pour avoir aidé les fidèles de diverses paroisses à comprendre un certain nombre de choses concernant la liberté religieuse, la liberté d’expression, la liberté de candidature aux élections, l’attitude du citoyen (défense de la justice, des droits de l’homme et de la dignité humaine), en contradiction avec la doctrine du Parti qui s’attribue le monopole de la gestion et de la direction du pays. Après ma détention, j’ai accompli une nouvelle période d’assignation à résidence de 2 ans (2005-2007) à l’archevêché de Huê, puis dans l’église de Bến Cui, près de Huê.

d.) Le 30 mars 2007, les détenteurs du pouvoir communiste au Vietnam m’ont à nouveau infligé une condamnation de 8 ans de prison et de 5 ans de résidence surveillée. D’abord envoyé à Thừa Phủ, je rejoins ensuite le camp de Ba Sao dans le Hà Nam. J’y ai séjourné du 29 mars 2007 au 15 mars 2010. Avant cela, j’avais été encore dépouillé de nombreux livres, journaux et revues ainsi que de plusieurs appareils (dont je réclame la restitution au bas de cette plainte). Cette fois-ci, j’ai été condamné pour avoir diffusé des documents exposant la vérité au sujet de Hô Chi Minh, ainsi que des textes sur la justice, la démocratie, les droits de l’homme. J’avais aussi participé à la rédaction et à la publication d’une revue intitulée Liberté d’expression. A la même époque, j’ai été le cofondateur du mouvement 8406, dont le manifeste « Liberté et démocratie pour le Vietnam » a été publié le 8 avril 2006. J’ai aussi soutenu et fait connaître le parti Thăng Tiến…

Source

Eglises d’Asie N° 531

9 – L’écrivain Nguyễn Xuân Nghĩa, condamné à six ans de prison

Il est le premier nommé dans la liste des six accusés du procès qui s’est tenu à Haỉ Phòng, le 8 et le 9 octobre 2009, l’un des rares procès politiques qui se soit prolongé plus d’une journée.  À son issue, le tribunal populaire  avait condamné Nguyễn Xuân Nghĩa, à 6 ans de prison et à 3 ans de résidence surveillée. Les peines infligées à ses coinculpés, elles aussi, avaient été très lourdes. L’étudiant Ngô Quỳnh écopait de trois ans de prison et 3 ans de résidence surveillée. M. Nguyễn Văn Tín était condamné à trois ans et 6 mois de prison suivis de 3 ans de résidence surveillée, M. Nguyễn Kim Nhàn se voyait infliger 2 ans de prison et 2 ans de résidence surveillée. La peine imposée à M. Nguyễn Mạnh Sơn était de 3 ans et six mois de prison suivis de 3 ans de résidence surveillée. Enfin, une peine de 4 ans de prison avait été infligée à. M. Nguyễn Văn Túc.

Les faits qui, selon l’acte d’accusation dressé par la Sécurité publique, étaient à l’origine de l’arrestation des six inculpés avaient eu lieu au milieu de l’année 2008. À cette époque, les exactions de la marine chinoise contre des pêcheurs vietnamiens avaient soulevé une grande émotion dans la population, provoquant même des manifestations.  Le 16 août, une banderole de grande dimension (3 m sur 2) était accrochée à un pont passerelle de Haỉ Phong. Elle portait l’inscription suivante : « Défendons l’intégrité du territoire terrestre et maritime ainsi que les archipels du Vietnam !  La démocratie pour le peuple vietnamien ! Le pluralisme et le multipartisme pour le Vietnam ! ». La photo de la banderole était aussitôt diffusée sur Internet et le fait rapporté par les agences de presse. Le 7 septembre , une autre banderole avec une inscription similaire faisait son apparition dans la province de Haỉ Dương. Elle était accompagnée d’un lancer de tracts.

Peu de jours après cette dernière action, le 10 septembre, suivant, Nguyễn Xuân Nghĩa était arrêté. On lui signifia son inculpation neuf jours plus tard. Jusqu’à son procès qui a eu lieu plus d’un an après, il a été interné dans le camp d’internement B 14, dépendant de la Sécurité publique

En réalité c’est tout un passé d’opposition qui a été sanctionné par le verdict du tribunal de Haỉ Phòng. Né en 1949 dans la province du Nghệ An, Nguyễn Xuân Nghĩa,  résidait, au moment de son arrestation, à Haỉ Phong avec sa femme et ses trois enfants. Il est bien connu pour ses talents d’écrivain. Il est membre de l’association des écrivains de Haỉ Phòng et a produit de nombreux ouvrages et articles traitant principalement de problèmes de société. (voir dans les sources, l’adresse du site contenant sa bibliographie). L’acte d’accusation de la sécurité publique a retenu 57 textes écrits par lui depuis 2007 et considérés comme subversifs, ce qui signifie qu’il critique le parti communiste vietnamien et divers aspects de la politique appliquée par lui…

Sources.

Acte d’accusation : http://www.viet-studies.info/kinhte/NguyenXuanNghia_KetLuanDieuTra.htm Bibliographie : http://nguyenxnghia.blogspot.com/

le procès de  Haïphong : Phiên tòa xử các nhà đấu tranh dân chủ: Kín hay công khai ? 2009-10-09 16:29:43

10 – La journaliste indépendante Phạm Thanh Nghiên, condamné à quatre ans de prison.

La journaliste,Phạm Thannh Nghiên a été condamnée à 4 ans de prison et 3 ans de résidence surveillée par le tribunal populaire de Hải Phòng, le 29 janvier 2010. Comme beaucoup de ses camarades du bloc 8406, elle a été condamnée au nom de l’article 88 du code pénal pour propagande antigouvernementale. Contrairement à ce qui s’est passé pour d’autres procès de dissidents, ni les diplomates, ni les représentants de la presse étrangère n’ont pu assister à ce procès. Selon les déclarations de son avocat, Mlle Phạm Thannh Nghiên a reconnu tous les faits qui lui étaient reprochés, tout en ajoutant qu’elle ne les considérait en aucune façon comme des crimes.

Phạm Thanh Nghiên qui a, cette année, 33 ans est une journaliste indépendante et un bloggeur connu. Elle avait été arrêtée en septembre 2008 alors qu’elle participait à une protestation silencieuse contre les prétentions de souveraineté chinoise sur le territoire maritime du Vietnam. Curieusement lors du procès, l’accusation publique n’a pas retenu ce fait. Les juges ont reproché à la journaliste d’avoir diffamé les fonctionnaires en les accusant de s’être approprié l’argent destiné à indemniser les familles des pêcheurs tués par la marine chinoise lors d’un incident survenu en 2007.

En 2009, Phạm Thanh Nghiên a reçu le prix  Hellman/Hammett décerné par l’association Human Rights Watch aux écrivains victimes de discrimination politique.

Sources

http://www.voanews.com/vietnamese/news/pham-thanh-nghien-83020657.htm

http://www.baomoi.com/Tuyen-phat-Pham-Thanh-Nghien-4-nam-tu-giam/58/3810452.epi

 

11 – Nguyễn Phong, condamné à six ans de prison.

Il a été le premier représentant principal d’un parti indépendant, Đảng Thăng Tiến « le parti pour le progrès du Vietnam ». Ce groupe politique a été fondé le 8 septembre 2006 sous le patronage du bloc 8406, à l’inspiration du P. Nguyễn Văn Lý. Dans la liste des membres du directoire du parti, son nom était suivi par ceux de deux dissidents célèbres, l’avocate Lê Thị Công Nhân, porte-parole du groupe et Me Nguyễn Văn Đài, par ailleurs directeur d’un cabinet d’avocats (Leurs notices figureront dans la deuxième partie de ce travail). Tous les dirigeants et les principaux adhérents seront arrêtés en 2006 et 2007.

Lorsque la date du procès du P. Nguyễn Văn Lý et de ses compagnons fut connue, à savoir le 30 mars 2007, la police avertit M. Nguyễn Phong qu’elle viendrait le chercher dans la matinée de ce jour-là. En réalité c’est dans l’après-midi du 29 mars 2007 que les agents vinrent l’arrêter chez lui et le conduisirent au siège de la Sécurité de  Huế, menottes aux mains.. Dans la matinée du 30 mars, avec quelques autres militants, il comparaissait devant le tribunal populaire de Huê, en même temps que le P. Lý, principal accusé. On rapporte qu’après avoir écouté la sentence qui le condamnait à 6 ans de prison, il a déclaré en levant ses deux mains menottées : «Jusqu’à ma mort, je lutterai pour les droits de l’homme et je maintiendrai envie le Parti pour le progrès du Vietnam » Un policier l’a empêché de continuer.

Sources

Dossier de Vietnam infos 44-03-04

Đảng Thăng Tiến Việt Nam (Wikipédia)

http://www.bbc.co.uk/vietnamese/vietnam/2010/08/100817_viet_release.shtml

12 – Lê Văn Sóc, condamné à six ans de prison

Lê Văn Sóc est un dignitaire du bouddhisme Hoà Hảo « authentique ». Sous cette appellation se sont regroupés les fidèles de cette religion ayant refusé de faire allégeance au comité de gestion mis en place par les autorités communistes et patronné par le front patriotique. Leur principal responsable est M. Lê Quang Liêm, ancien haut dignitaire de cette religion avant le changement de régime du mois d’avril 1975. Lê Văn Sóc était responsable adjoint du bouddhisme Hoà Hảo pour la province de Vĩnh Long. Il a fait partie des 118 premiers adhérents du bloc 8406.
Il a été arrêté au mois de novembre 2006, sur la route, alors qu’il allait rendre visite à son père gravement malade. Les agents de la sûreté l’ont arrêté avec une grande brutalité et l’ont transporté après l’avoir bâillonné et enchaîné.

Le 3 mai 2007, il a été jugé et condamné à 6 ans de prison par le tribunal populaire de la province de Đồng Tháp. Ils étaient, ce jour là, quatre fidèles Hoà Hảo à comparaître devant le tribunal, tous accusés d’avoir mené une grève de la faim ayant troublé l’ordre public. Au total, 21 années de prison ont été infligées aux quatre accusés à l’issue de ce procès.

Lê Văn Sóc, ainsi que les trois autres accusés du procès du 3 mai 2007, faisait partie d’un groupe de 16 fidèles Hoà Hảo ayant mené une longue grève de la faim, dans la maison de l’un d’entre eux pour protester contre des violences policières exercées sur eux.

Les faits qui se sont déroulés environ un an avant le procès ont été rapportés à l’époque par le bureau de liaison du bouddhisme Hoà Hảo authentique à l’étranger. Après les cérémonies d’anniversaire du décès du fondateur du bouddhisme Hoà Hảo, le 24 mai 2006, les fidèles bouddhistes étaient en route dans l’intention de rendre visite à la mère du religieux hoà hảo, Trần Văn Út, qui s’est immolé par le feu le 5 août 2005. Ils avaient alors été arrêtés et agressés par des policiers en civil. Les informations parvenues au Bureau de liaison mentionnaient que la police avait frappé “férocement” les seize fidèles. Ces derniers décidèrent alors de mener une grève de la faim et, pour cela, se sont installés dans la maison du dirigeant principal de la communauté hoà hảo de la province de Đồng Tháp. Sur le devant de la maison avaient été déployées deux banderoles, l’une protestant contre l’agression dont ont été victimes les seize fidèles, l’autre contre l’interdiction gouvernementale de célébrer l’anniversaire de l’assassinat du fondateur de la religion, Huỳnh Phú Sổ, par le Vietminh. Le lieu occupé par les grévistes a été aussitôt cerné par la police tandis qu’aux alentours, un certain nombre de fidèles se rassemblaient pour soutenir leurs coreligionnaires. Pendant les 10 jours de grève, les dignitaires ont utilisé des haut-parleurs pour avertir la police que dans le cas où elle déclencheurait une attaque, il y aurait immédiatement des immolations par le feu. Les incidents se sont ensuite multipliés. La résistance des grévistes a duré 10 jours.

Sources

Eglises d’Asie,N° 423 et 464

Nhân Dân 12 et 14 juin 2006

http://67.52.181.11/default.aspx?LangID=3&tabId=193&ArticleID=19956

http://www.sbtn.net/default.aspx?LangID=3&tabId=157&ArticleID=15505

13 – Le militant Nguyễn Mạnh Sơn, condamné à trois ans et six mois de prison.

Il fait partie du groupe de six dissidents jugés les 8 et 9 octobre 2009 par le tribunal populaire de Haỉ Phòng. Le principal accusé du procès. Nguyễn Xuân Nghĩa était condamné à 6 ans de prison. La peine infligée à Nguyễn Mạnh Sơn était de 3 ans et 6 mois de prison.

Les sources indépendantes ne fournissent que de très peu d’informations sur lui. Il a participé avec les cinq autres co-inculpés du procès, aux expéditions du mois d’août et de début septembre 2008 qui sont parvenus à accrocher des banderolles sur certaines passerelles, portant des inscriptions dénonçant la politique en vigueur. (voir la notice consacrée à l’écrivain Nguyễn Xuân Nghĩa. Il a été arrêté le 8 mai 2009 et placé au centre d’internement B 14 jusqu’à son procès

Nguyễn Mạnh Sơn est né en 1943 à Haï Phong, ville où il résidait au moment de son arrestation ; il a été directeur d’entreprises importantes dont la Compagnie générale des voies maritimes. Il est père de deux enfants et, selon l’acte d’accusation, il n’a aucun antécédent judiciaire. C’est un ancien membre du parti communiste vietnamien dont il aurait été exclu en 2000, selon l’acte d’accusation, pour avoir diffusé des textes s’opposant à la politique du parti. Après son exclusion, il a continué de diffuser de nombreux écrits et poèmes en faveur du pluralisme et du multipartisme.

Sources

http://www.tin247.com/hai_phong_xet_xu_nguyen_xuan_nghia_cung_dong_bon_pham_toi_tuyen_truyen_chong_nha_nuoc_chxhcn_viet_nam-6-21494558.html

http://www.viet-studies.info/kinhte/NguyenXuanNghia_KetLuanDieuTra.htm

14 – M. Nguyễn Văn Thơ, condamné en 2007 à six ans de prison ;

Le 3 mai 2007, un groupe de quatre dignitaires du bouddhisme Hoà Hảo (voir la notice concernant Lê Văn Sóc) comparaissait devant le tribunal populaire de la province de Đồng Tháp (dans la plaine du delta du Mékong). Les quatre prévenus, Nguyễn Văn Thơ, Lê Văn Sóc, Nguyễn Văn Thùy et Mme Dương Thị Tròn, étaient accusés d’avoir troublé l’ordre public dans une commune de la province au mois de mai de l’année précédente (2006). Ils furent condamnés à des peines de 6 à 8 années de prison, au total 21 années pour les quatre accusés.

Dans la notice consacrée à M. Lê Văn Sóc, nous avons déjà présenté le récit de ces faits tels qu’ils ont été rapportés par le bureau de liaison du bouddhisme  Hoà Hảo à l’étranger. La version consignée par l’acte d’accusation, au mois de mai 2006, avait été tout autre. Alors qu’ils se rendaient à la cérémonielle anniversaire du décès d’un membre de leur religion, les dignitaires avaient été agressés par un groupe de personnes inconnues et avaient été obligés de rebrousser chemin. Ils auraient alors attribué à la police locale la responsabilité de cet incident et auraient  entamé une grève de la faim interminable à l’intérieur d’une maison. Des banderoles portant des inscriptions antigouvernementales avaient été accrochées au mur et des haut-parleurs diffusaient des accusations contre les autorités locales.

La version recueillie par les témoins immédiats et rapportée par le bureau de liaison du bouddhisme Hoà Hảo met en relief les graves déformations infligées aux faits par le rapport officiel des autorités civiles. Tout d’abord, le groupe ne se rendait pas aux cérémonies d’anniversaire du fondateur. Au contraire, ils en venaient. En fait, ils allaient rendre visite à la famille d’un fidèle Hoà Hảo qui s’était immolé par le feu pour la religion en 2005. C’était bien des policiers qui leur avaient barré la route et les avaient frappés. Il n’y avait pas de doute sur leur identité. Certains portaient un uniforme. Beaucoup étaient connus de la population.

Sources

http://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/VnMediaSayHoaHaoBuddhismFollowersCausedUnres_Truc-20070518.html?searchterm=Noneiểu về việc 4 tín đồ PGHH bị tuyên án tù vì gây rối trật tự công cộng

 

15 –    Mme Dương Thị Tròn, quatre ans de prison..

Epouse du dignitaire Lê Văn Sóc (le numéro 13 de la présente liste) et présidente de l’association de bienfaisance du bouddhisme Hoà Hảo, Mme Dương Thị Tròn a été arrêtée avec son époux et condamnée à 4 ans de prison au cours du procès des quatre dignitaires qui s’est tenu au tribunal populaire de Đồng Tháp, le 3 mai 2007. Normalement, sa peine devrait être achevée, mais aucune information n’a été donnée sur son éventuelle libération. Dans un rapport sur la situation du bouddhisme Hoà Hảo, publié le 20 août 2011, il est fait mention de son arrestation, mais rien il n’est dit concernant sa remise en liberté.

Source

http://kitawebs.com/pghh-truyenthong.htm

16 – Phạm Văn Trội condamné à quatre ans de prison et quatre ans d’assignation à résidence

Au mois d’août 2010, Phạm Văn Trội s’est vu récompensé du prix Hellman/Hammett décerné par le l’association Human Rights Watch aux militants des droits de l’homme. À cette occasion, l’association a diffusé à son sujet la notice suivante.

« Phạm Văn Trội a utilisé de nombreux noms de plume pour signer des textes sur les droits de l’homme, la démocratie, le droit d’utilisation des terres, la liberté religieuse et le conflit de souveraineté entre le Vietnam et la Chine. Il est un membre actif de la commission vietnamienne des droits de l’homme. Il a aussi écrit dans la revue dissidente « La patrie » (Tô Quôc). À partir de l’année 2006, il a été harcelé par la police et, à de nombreuses reprises, convoqué par elle pour interrogatoire. Il a été arrêté au mois de septembre 2008, est accusé d’avoir diffusé des textes de propagande antigouvernementale. Le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a conclu que la détention de Phạm Văn Trội était illégale. Malgré cela, au mois d’octobre 2009, il a été condamné à 4 ans de prison et à 4 ans d’assignation à résidence ».

Il a comparu devant le tribunal populaire de Hanoi, le 8 octobre 2009, alors que s’ouvrait à Haỉ Phòng, le procès de six autres dissidents. Il a été condamné à 4 ans de prison et 4 ans de résidence surveillée. Selon le témoignage de son épouse, recueilli par RFA, le jour du procès, la salle d’audience était remplie de policiers. Seuls deux membres de sa famille y avaient eu accès. L’épouse de l’inculpé a aussi rapporté qu’aucune preuve de culpabilité n’avait été apportée par l’accusation.

Sources

http://www.rfa.org/vietnamese/HumanRights/Comments-of-jailed-writers-s-families-who-won-Hellman-Hammett-Awards-NNguyen-08042010193122.html?searchterm=None

http://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/interview-pham-van-troi-wife-about-the-trial%20-10082009130220.html?searchterm=None

 

17 – Le paysan spolié de ses terres, Nguyễn Văn Túc, condamné à quatre ans de prison.

Ce dissident au profil particulier est né en 1964 dans la province de Thái Bình. Il est l’un des condamnés du procès des six dissidents, qui s’est tenue à Hải Phòng le 8 et le 9 octobre 2009 (voir plus haut). Il avait été arrêté avec de nombreux autres le 10 septembre 2008 pour propagande antigouvernementale, en violation de l’article 88.

Dans une lettre ouverte du Pen club international demandant sa libération, le 23 septembre 2008, il était ainsi présenté : « M. Nguyễn Văn Túc , paysan, poète satirique, militant défenseur des droits de l’homme, membre du bloc 8406. Il s’est fait connaître surtout par des lettres et des textes dénonçant les injustices sociales, et aussi par des poèmes satiriques diffusés sur Internet. »

Dans une lettre ouverte très sarcastique, envoyée « aux mass media du pays et du monde » le dissident révèle un certain nombre de détails sur son itinéraire. Il se présente comme un paysan de la province de Thái Bình. Durant son service militaire obligatoire, il a participé à la guerre du Vietnam contre le Cambodge, en tant que sergent. Il y a obtenu des médailles et des citations.  À son retour dans sa commune de Đông La , province de Thái Bình, avec les cultivateurs de la région, il est victime de la politique d’industrialisation des campagnes qui dépouille les paysans de leurs terres.

Le 8 et le 9 octobre 2009, le tribunal populaire de Hải Phòng l’avait condamné en compagnie de cinq autres dissidents : L’écrivain Nguyễn Xuân Nghĩa, condamné à 6 ans de prison et à 3 ans de résidence surveillée, l’étudiant Ngô Quỳnh condamné à 3 ans de prison et à 3 ans de résidence surveillée, M. Nguyễn Văn Tính condamné à 3 ans et 6 mois de prison et à 3 ans de résidence surveillée,. M. Nguyễn Kim Nhàn condamné à 2 ans de prison et à 2 ans de résidence surveillée, M. Nguyễn Mạnh Sơn condamné à 3 ans et 6 mois de prison et à 3 ans de résidence surveillée. .

Sources

(Lettre des épouses des prisonniers, du 30 octobre 2008. https://radiochantroimoi.wordpress.com/2008/10/31/kh%E1%BA%A9n-keu-g%E1%BB%8Di-tr%E1%BA%A3-t%E1%BB%B1-do-cho-ch%E1%BB%93ng-chung-toi/

Lettre du Pen club international : Lhttp://www.vietnamexodus.info/vne0508/vnenews/thoisu/phongthichcacnhadanchu.htm

lettre ouverte aux mass media du Vietnam et du monde : http://www.datviet.com/showthread.php/153557-Thư-ngỏ-của-nông-dân-Nguyễn-Văn-Túc

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II – Prisonniers récemment libérés

(depuis juin 2007)

 

1- Phạm Bá Hải,

Condamné en 2007 à 5 ans de prison et 2 ans de résidence surveillée, il a achevé sa peine au mois de septembre 2011, mais est encore astreint à la résidence surveillée pendant 2 ans.

Il est né en 1968 pendant l’attaque générale lancée sur le Sud-Vietnam par les forces communistes, «au milieu des sanglots de son peuple », a-t-il écrit récemment. A 20 ans, il quitte le Vietnam pour la Thaïlande comme « boat-people ». Après huit ans de séjour dans les camps de réfugiés de ce pays, il est rapatrié de force au Vietnam en 1996. De 2001 à 2006, il va poursuivre des études en Inde, à l’université de New Delhi. Un peu avant son retour au Vietnam le 23 décembre 2005. Il crée « Bạch Đằng Giang foundation », une association destinée à secourir les victimes du communisme. Lors de la naissance du bloc 8406 en avril 2006, il est un des premiers à soutenir ce nouveau groupe. Deux jours après avoir participé à une réunion du bloc à Saïgon, il est appréhendé par la police alors qu’il se rend à l’aérogare de Tân Son Nhât. Il est alors interrogé à plusieurs reprises par la Sécurité. Il réussit à enregistrer les questions des cadres et ses réponses. L’enregistrement et son  script seront ensuite diffusés sur Radio Free Asia. Il est enfin arrêté le 7 septembre 2006, alors qu’il rend visite à un autre dissident, le colonel Trân  Anh Kim, dans la province de Thái Bình. Plus d’un an et demi plus tard, le 25 avril 2008, le tribunal populaire le condamne à 5 ans de prison ferme et a 2 ans de résidence surveillée. À la fin du procès en appel, le 8 août 2008 il déclare publiquement que l’organisation Bạch Đằng Giang, pour laquelle il est condamné, était une organisation humanitaire travaillant à l’amélioration du sort des plus démunis, en particulier toutes les victimes de la dernière guerre, ignorées par le régime, à savoir les blessés de guerre, les veuves et les familles des militaires de l’armée du Sud, morts au combat. Ce jour- là, les juges  ont confirmé la sentence du premier procès. Il avait très exactement purgé la totalité de sa peine de prison, lorsqu’il a été libéré, le 7 septembre 2011.

Sources

: Viêt Long : présentation de Phạm Bá Hải pour radio Chân Troi. http://diendanctm.blogspot.com/2011/05/neu-dan-toi-co-quyen-e-cu-doanh-nhan.html

http://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/right-activ-fce-house-arrest-09162011073630.html

Lettre à au groupe d’assistance aux blessés de guerre et aux veuves des militaires morts au combat http://phamdinhtan.wordpress.com/2011/10/30/ph%E1%BA%A1m-ba-h%E1%BA%A3i-th%C6%B0-g%E1%BB%ADi-h%E1%BB%99i-h-o-c%E1%BB%A9u-tr%E1%BB%A3-th%C6%B0%C6%A1ng-ph%E1%BA%BF-binh-va-qu%E1%BA%A3-ph%E1%BB%A5-vnch/

2 – L’enseignant Vũ Hùng. Il a achevé sa peine de trois ans de prison, mais est encore maintenu en résidence surveillée

Le 18 septembre dernier, l’enseignant Vũ Hung a été libéré du centre d’internement de Hà Nam où il a purgé l’intégralité de sa peine de 3 années de prison qui lui avait été infligée. Cependant il sera encore astreint pendant 3 ans à la résidence surveillée, particulièrement surveillée, puisque, il y a quelques jours, le 10 novembre dernier, il a été soumis à un interrogatoire accompagné de coups, pour s’être écarté du périmètre qui lui a été assigné.

À partir de 2006, Vũ Hùng a participé avec beaucoup d’autres à la lutte pour les droits de l’homme et la démocratie, militant ouvertement contre la corruption, contre les prétentions chinoises sur le Vietnam. Il avait été arrêté le 18 septembre 2008. Plus d’un an plus tard, le 17 octobre 209, le tribunal populaire de Hanoï le condamnait à une peine de 3 ans de prison et 3 ans de résidence surveillée à l’issue d’un procès expédié en moins de 3 heures. Il a été, lui aussi, condamné au nom de l’article 88 du code pénal, accusé de propagande antigouvernementale :

Ce professeur de physique dans une école secondaire de la province de  Hà Tây avait déjà fait une première expérience de la détention au mois d’avril 2007. Après avoir effectué une fouille de son logement, et confisqué un ordinateur et des documents, la police l’avait amené dans un centre de détention pour prisonniers de droit commun. Il y était resté 9 jours dans des conditions sanitaires déplorables. Ses lectures « non correctes » avaient été le motif de cette arrestation. Le dissident Nguyễn Thanh Giang lui avait prêté un certain nombre de livres sur les droits de l’homme et la démocratie au Vietnam. Il les avait lui-même prêtés à une enseignante de son école. Le directeur d’école en avait été informé et avait averti la police.

Sources

http://www.webdoithoai.net/index.php?option=com_content&view=article&id=3132:thy-giao-v-hung-a-v-nha-sau-3-nm-b-tu-vi-ti-yeu-nc&catid=45:baibbc&Itemid=91

http://nguyenthanhgiang.com/Chieinsy_21.html

http://n6sg.wordpress.com/2011/11/10/cong-an-sach-nhi%E1%BB%85u-th%E1%BA%A7y-giao-vu-hung/

3 – Trương Quốc Huy, condamné à six ans de prison.

Le 1er décembre 2011, radio Free Asia a annoncé la libération de ce militant du bloc 8406, qui avait été condamné à 6 ans de prison en janvier 2008 par le tribunal populaire de Ho-Chi-Minh-Ville.

L’arrestation de ce jeune dissident, né en 1981, est apparue comme particulièrement odieuse aussi bien au Vietnam qu’à l’étranger. Dans une lettre adressée à l’ambassadeur du Vietnam en France, l’association « Reporters sans frontières » déplorait « le cas de Truong Quoc Huy, emprisonné depuis le 18 août 2006 pour avoir voulu ’renverser le pouvoir’ grâce à Internet. ». Selon le même groupe humanitaire, il était aussi accusé « de s’être exprimé sur des radios étrangères en faveur du groupe ’8406’, un mouvement de démocrates vietnamiens ».

Ce jeune homme, travaillant dans le secteur du téléphone mobile, avait été arrêté une première fois, avec deux autres personnes, au mois d’octobre 2005, dans un cybercafé de Saïgon, alors qu’il venait de participer à un débat sur Internet concernant la démocratie, débat organisé par le site Paltalk.com. Les trois avaient été internés pendant 9 mois sans procès.

Six semaines après cette première libération, au mois de juillet 2006, il est de nouveau arrêté dans un cybercafé. Sa famille reste sans nouvelles de lui jusqu’au procès. Son acte d’accusation préparé par le parquet précise qu’il est jugé pour infraction à l’article 88 du code pénal qui réprime « ceux qui font un mauvais usage de la liberté et de la démocratie …

C’est pour cette inculpation, que le 29 janvier 2008, le tribunal populaire de Ho-Chi-Minh-Ville l’a condamné à 6 ans de prison, en compagnie de Hàng Tấn Phát son co-inculpé, condamné au même châtiment pour le même crime.

Sources

http://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/vietnam-released-truongquochuy-12012011090541.html

http://fr.rsf.org/fr-petition19765-Truong_Quoc_Huy.html

http://www.voanews.com/vietnamese/news/a-19-2007-04-16-voa9-81484427.html

http://vietbao.vn/An-ninh-Phap-luat/Tuyen-truyen-chong-nha-nuoc-hai-bi-cao-linh-an-tu/65120056/218/

4 – Hàng Tấn Phát, condamné à six ans de prison. Aujourd’hui réfugié en Thaïlande.

Le 23 juin 2011,  Hàng Tấn Phát a été libéré du camp d’internement Z30A, à Xuân Lộc dans la province du Đồng Nai, lieu où il a purgé ja peine de prison qui lui avait été infligée en janvier 2008. Bien que sorti de prison, il était encore tenu en résidence, très contrôlée, dans la ville de Nha Trang. Déjouant la surveillance policière, il est parvenu à se rendre à Saïgon où il a pris contact avec le consulat des États-Unis et a sollicité le droit d’asile. Revenu à Nha Trang, il a appris que la police effectuait une fouille dans son logement. Il a alors rejoint à nouveau Saïgon, puis s’est enfui au Cambodge, le 5 octobre 2011. Il s’est rendu ensuite en Thaïlande où il remplit aujourd’hui les formalités préalables à l’obtention du droit d’asile. Il a retrouvé dans ce pays un groupe d’anciens prisonniers politiques vietnamiens qui ont quitté leur pays après leur libération.

Hàng Tấn Phát est encore un jeune homme. Il n’avait encore que 17 ans lorsqu’il a pris conscience de l’oppression que le parti communiste faisait peser sur la population. Il s’est lancé alors dans l’opposition avec toute la fougue de sa jeunesse. Il avait 21 ans lorsqu’il a été arrêté pour avoir diffusé des tracts antigouvernementaux. Le 29 janvier 2008, le tribunal populaire de Hô ChiMinh-Ville le condamnait à 6 ans de prison ainsi que son co-inculpé Trương Quốc Huy. Leur principal chef d’accusation était la diffusion de tracts antigouvernementaux.

Sources

http://www.hennhausaigon2015.com/?p=8325

5- Le poète Trần Đức Thạch

Le  poète Trần Đức Thạch, qui avait été condamné à 3 ans de prison, a été libéré à l’occasion de la fête nationale du 2 septembre 2011. Comme il l’a fait remarquer lui-même, à sa sortie de prison, il ne lui restait plus que 14 jours pour purger totalement sa peine.Il avait été condamné à 3 ans de prison par le tribunal populaire de Hanoi, le 6 octobre 2009, au cours d’un procès qui avait duré à peine 2 heures.

Au mois d’avril 2008, il était venu à Hanoi, pour manifester en solidarité avec les familles des pêcheurs de la province de Thanh Hoá péris en mer; victimes de l’attaque de navires de guerre chinois, alors qu’ils pêchaient dans les eaux du golfe du Tonkin.

Il est né en 1952 dans la province du Nghê An où il a vécu. Il est membre de l’association des écrivains de la province. À partir des années 90, il laisse transparaître dans ses écrits ses idées libérales et son esprit critique à l’égard de l’idéologie régnante. Son livre le plus connu (la tombe de l’obsédé) décrit les derniers combats de la guerre qui s’est achevée le 30 avril 75, des combats auxquels il a participé en tant qu’officier de l’armée populaire.

Sources
RFA 30.08.2011
http://ntananh.multiply.com/journal/item/226/226?&show_interstitial=1&u=%2Fjournal%2Fitem

6 –  Nguyễn Bình Thành, cinq années de prison

Il a été libéré le 30 octobre 2011, à la veille de la fête nationale du 2 septembre. Condamné par le tribunal populaire de Huê  à 5 ans de prison, le 30 mars 2007 ; dans un procès où le père Nguyễn Văn Lý était le principal accusé. Il est l’un des premiers adhérents du parti pour le progrès du Vietnam. Il n’avait pas été arrêté avant le procès. Dans la matinée, des agents de la sûreté étaient venus le chercher chez lui et l’avaient conduit au tribunal sans lui passer les menottes. Son épouse non seulement n’avait pas pu rentrer dans le prétoire, mais avait été expulsée du jardin public où elle était venue attendre. On a retenu de lui les paroles qu’il a prononcées devant le tribunal : « Interrogez donc l’opinion internationale ! Quelles fautes avons-nous commises en luttant pour la liberté et les droits de l’homme ? ». Selon le rapport de ses amis du bloc 8406, il avait aussi décidé de déclarer : « Tout ce que j’ai fait a été conforme aux dispositions de la Constitution, aux conventions internationales sur les droits de l’homme, aux aspirations de notre peuple tout entier et à ma conscience. ». Mais les agents de la sûreté l’ont empêché de prononcer cette déclaration.

Source

Dossier de Vietnam infos 41-03-04

7 – Nguyễn Văn Tính, condamné à trois ans et six mois de prison ferme.

Nguyễn Văn Tính, aujourd’hui âgé de 69 ans, est l’un des deux prisonniers de conscience inscrit sur la liste des amnistiés à l’occasion de la fête nationale du 2 septembre 2011. Il avait été arrêté le 24 septembre 2008 et, à sa libération, il lui restait 6 mois pour achever la totalité de sa peine. Il faisait partie d’un groupe de six accusés, dont l’écrivain, Nguyễn Xuân Nghĩa était le premier nommé sur la liste. Tous avaient comparu devant le tribunal populaire de Hải Phòng, les 8 et 9 octobre 2009, accusés de propagande antigouvernementale. Plus concrètement, on leur reprochait d’avoir, au cours du mois d’août 2008, accroché des banderoles et distribué des tracts en divers endroits de Hải Phong. Ceux-ci incitaient la population à protéger l’intégrité du territoire, à défendre les droits de l’homme, à promouvoir la démocratie, et le multipartisme.
Cependant les deux ans et demi que Nguyễn Văn Tính vient de passer en détention ne constituent pas son premier séjour en prison. C’est en effet un très ancien opposant. Il est né le 8 mars 1942 dans la ville de Hải Phòng. Après des études secondaires, il décida de se consacrer à l’enseignement. En 1965, Ho Chi Minh était devenu un personnage intouchable et la participation à la guerre de libération du Sud-Vietnam un devoir sacré pour les citoyens du Nord Vietnam. C’est à cette époque qu’il osa manifester publiquement son opposition. Il écrivit deux lettres, une pour le président Ho Chi Minh, l’autre pour le président du conseil, Pham Van Dong. Il y dévoile les failles du régime, met en cause le marxisme-léninisme et, surtout, dénonce la guerre fratricide qui oppose le Nord au Sud. Ces lettres restent sans réponse. Durant les deux années qui suivent, il fonde et organise le parti populaire révolutionnaire. Le 14 juillet 1967, la police découvre ses activités et l’arrête. Il accomplit un long séjour en prison avant d’être jugé et condamné à 7 ans de détention et 5 ans d’assignation à résidence. À sa sortie de prison, lui et sa famille vivent dans une très grande pauvreté, subsistant grâce à des petits métiers manuels. Cependant il continue d’écrire des textes politiques et reste en contact avec d’autres dissidents.

Sources.

http://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/vn-pardons-10-thous-pris-08302011063244.html?searchterm=None

http://bao-toquoc.blogspot.com/2011/09/thong-luan.html

8 – Ngô Quỳnh;

Ce jeune dissident, né en 1984 dans la province de Bắc Giang, a achevé de purger sa peine le 1er juillet 2011. Il avait été condamné à 3 ans de prison pour propagande antigouvernementale, lors du procès de Hả Phòng des 8 et 9 octobre 2009 au cours duquel six opposants avaient été condamnés à des peines très lourdes (voir le compte rendu du procès dans la notice consacrée à. Nguyễn Xuân Nghĩa), il avait été arrêté le 1er octobre 2008.

Source

http://www.viet-studies.info/kinhte/NguyenXuanNghia_KetLuanDieuTra.htm

 

Paris le 19 décembre 2011 J.L pour Viet-Nam Infos

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