Le procès d’un Vietnamien bien tranquille : Lê Quốc Quân

0
23

 

Lauréat du Prix Des droits de l’homme Vietnam 2013, sera jugé en appel le 18 février 2014

 

 

 

 

 

 

Voici la lettre de Lê Quốc Quân à ses compatriotes avant le procès :

Mes chers compatriotes, du Vietnam et de par le monde,

De ma cellule de prison, je suis heureux de savoir que vous êtes nombreux à vous préoccuper de mon sort et à me soutenir.

En particulier, beaucoup de gens, amis et catholiques, sont venus assister à mon procès en première instance le 2 octobre 2013.

Ce fait me réconforte dans la foi en mon idéal.

La sentence de 30 mois de prison est à la fois injuste et contraire à la loi.

J’ai fait appel à la Cour suprême et j’ai accusé le juge d’avoir enfreint l’article 295 du code pénal puisque qu’il a prononcé une sentence illégale. Chaque journée de prison est une journée de souffrance pour moi et ma famille, mais ce qui est encore plus important, une journée de plus où la Loi vietnamienne est bafouée.

A chaque moment, à chaque lieu, je lutte selon ma perception de la morale et de la connaissance et je suis heureux de percevoir des améliorations qui sont cependant encore bien modestes.

Lors de mon prochain procès en appel, j’espère avoir votre soutien, chers compatriotes, et qu’un fait inattendu surviendra. Le soutien de l’extérieur aura une portée effective pour la victoire de la liberté et de la justice dans l’enceinte du tribunal même.

Dans ma prison, je suis en paix et garde une foi éclatante dans l’avenir de notre peuple. Je pense à vous tous et je prie pour que tout le monde puisse être tranquille et progresser. Je présente sincèrement mes excuses à tous ceux qui sont attristés ou qui souffrent à cause de mon attitude, mon idéal, mes paroles, mes actes et je pardonne aussi à ceux, quels qu’ils soient, qui ont provoqué des erreurs, suscité la souffrance dans mon esprit et dans ma famille. Je me sens en ce moment rempli de la foi en la bonté, en la charité et la compassion de l’homme – et parallèlement d’une énergie pour la lutte sans merci contre la cruauté, le mal par le développement de la conscience et du cœur.

Le bien grandira et le mal diminuera. La démocratie s’ouvrira en grand, la dictature se rétrécira. L’héroïque peuple vietnamien méritera de vivre dans l’abondance et le bonheur. Le peuple saura de lui-même comment atteindre ses objectifs et se réaliser. Personne n’a ni le droit ni la possibilité de le faire à sa place.

Vive le Vietnam.
Lê Quôc Quân

Avec l’arrivée du printemps, tu me manques, maman

Maman, en ce début du printemps,

Je ne pourrai pas accueillir la nouvelle année dans la joie, entre femme et enfants

Dans la nuit glacée, entre ces quatre murs,

Mon cœur se serre, le doux foyer me manque.

Avec le retour du printemps, blanchit davantage ma tête,

Enragé contre moi-même,

De n’avoir pas fait assez pour parents et patrie.

Ne sois pas triste, s’il te plaît, maman

Je pleure pour un printemps de notre pays.

Lê Quốc Quân

traduction Vietnam Infos

Chaque année, le concours des plaidoiries des avocats du Mémorial de Caen permet à des avocats inscrits à un barreau, quels que soient leur nationalité, leur langue et leur âge, de présenter une plaidoirie relative à un cas avéré de violations des droits de l’homme dans le monde. Les finalistes du concours montent sur scène pour prononcer leur plaidoirie.

Cette année, la finale a eu lieu le 2 février 2014 sous la présidence de Madame la Ministre de la Justice Christine Taubira

LÊ QUÔC QUÂN, ou le courage de Prométhée
(cliquer pour lire la plaidoirie)

J’ai rencontré Maître TRAN THU NAM, l’un des avocats de LÊ QUÔC QUÂN lors de la rentrée de la Conférence du Barreau des Hauts de Seine, où il était l’invité d’honneur, fin octobre 2013.

J’ai immédiatement été bouleversée par son courage, celui de LÊ QUÔC QUÂN et celui de cette poignée d’avocats vietnamiens qui acceptent de défendre les victimes de violation des Droits de l’Homme dans leur pays, alors que ce faisant, ils risquent leur carrière, la sécurité de leur famille, leur Liberté.

Ce courage m’a immédiatement rappelé le texte magnifique d’Albert Camus, “Promethée aux enfers”. J’ai ainsi voulu leur rendre hommage et aussi relayer le combat pacifiste de LÊ QUÔC QUÂN, sa parole, auprès de cette Tribune internationale et symbolique qu’est le Mémorial de Caen, en espérant que cela pourra aider, même un peu, à sa protection.

Alexandra Dumitresco
AVOCATS

13, rue Auguste Mounié
92160 ANTONY
tel : 01 46 66 90 95
fax : 01 46 66 30 37

Bui Xuan Quang

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here