A Propos de Hongkong

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Le mouvement contestataire des étudiants de Hong Kong – « révolution » des parapluies – se termine.

Un ami m’a reproché de n’avoir rien écrit sur cet événement important. Garder le silence signifie juste pour moi de ne pas décourager une jeunesse exemplaire.

Nous avons lu et entendu beaucoup de commentaires. Il s’agit pour nous de fixer ici quelques points :

1. Tout le monde savait que Pékin ne céderait pas aux pressions des étudiants. Hongkong n’est pas encore tout à fait la Chine, une contagion vers le continent n’est pas à envisager dans l’immédiat. Hongkong n’est pas Tian An Men. Ce que demandent les étudiants hongkongais ne concerne que Hongkong.

2. La géopolitique envahit la planète. Comme l’économie. Que représentent les demandes de la jeunesse hongkongaise face aux enjeux de l’APEC qui a eu lieu à Pékin même ?

3. Les régimes autoritaires mourront. Leur mort ne se passera pas sans violence. Toutes les règles démocratiques seront bafouées (par exemple : lire le communiqué de RSF ci-dessous. Au Vietnam, les patrons des « triades » sont des membres du Bureau politique – les larbins sont les policiers – soutenus par les « Đại gia » – les nouveaux riches du régime )

4. 50 jours de manifestation est une grande réussite. Si elle a pu tant durer, c’est certainement du fait que Hongkong est loin de Pékin, mais aussi, cela démontre un enthousiasme de la population au départ qui a dépassé les organisateurs les plus optimistes, et la démonstration d’un sens d’organisation digne de la jeunesse d’une grande démocratie.

Paris le 19 novembre 2014
Bùi Xuân Quang

 

 

 

RSF DÉNONCE LES MENACES À L’ENCONTRE DU BLOGUEUR PHAM MINH HOANG ET DE SA FAMILLE
PUBLIÉ LE LUNDI 10 NOVEMBRE 2014

Reporters sans frontières condamne la répression à l’encontre du blogueur Pham Minh Hoang et de sa famille, qui s’est traduite le 5 novembre 2014, par l’agression du consul général de France à Hô-Chi-Minh-Ville.

Des gangsters, soutenus par des policiers en civil, ont agressé le consul général français, Emmanuel Ly-Batallan, alors qu’il tentait de porter secours au blogueur franco-vietnamien Pham Minh Hoang et à sa mère à Hô-Chi-Minh-Ville. Depuis le 5 novembre dernier, des malfrats, accompagnés de policiers en civil, se sont installés dans une maison située, à proximité des domiciles de Pham Minh Hoang et de sa mère, qui héberge le cyberdissident Nguyen Bac Truyen. Ces gangsters exercent ainsi une pression constante sur les deux hommes et la mère du blogueur.

Pham Minh Hoang et le consul français ont appelé le commissariat local pour que des policiers viennent constater la situation. Ces derniers ont répondu qu’ils étaient “en réunion” et ne pouvaient pas se rendre sur place. Le consul s’est rendu lui-même chez les malfrats afin de leur demander de cesser leurs intimidations. A peine entré, il a été pris en tenaille et agressé.

“Une telle violence n’est pas acceptable, d’autant plus lorsque les forces de police sont impliquées”, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique à Reporters sans frontières. “Bien que non-avenues et totalement disproportionnées, les peines d’emprisonnement de Pham Minh Hoang et Nguyen Bac Truyen ont été purgées. Le harcèlement permanent, les intimidations et les menaces à l’arme blanche dont les blogueurs mais aussi leur famille font l’objet doivent immédiatement cesser.”

Peu avant cette agression, l’épouse de Pham Minh Hoang, Madame Oanh, de nationalité française avait demandé aux malfrats de quitter les lieux et avait été menacé par l’un d’eux, armé d’un couteau. Le harcèlement répété à l’encontre de la famille de Pham Minh Hoang, avait entraîné la détérioration de la santé de sa mère, hospitalisée à cause d’une tension artérielle trop élevée.

Le ministère des Affaires étrangères vietnamien aurait par la suite été informé de l’agression et aurait conseillé au consulat de protester par voir diplomatique.

En 2011, Pham Minh Hoang avait été condamné à trois ans de prison suivis de trois ans d’assignation à résidence pour ‘’tentative de renversement du gouvernement’’. Il vit toujours en résidence surveillé. Le cyberdissident Nguyen Bac Truyen a lui aussi été condamné, en 2007, àquatre ans de prison pour ‘’propagande contre le régime communiste’’.

Blogueur engagé, connu sous le pseudonyme Phan Kien Quoc, Pham Minh Hoang a publié de nombreux articles sur l’éducation, l’environnement et la souveraineté face à la Chine, largement relayés sur le Net. Le blogueur a participé à la campagne contre l’exploitation par une entreprise chinoise des mines de bauxite dans la région des Hauts Plateaux dans le centre du pays. Il est membre du parti pro-démocratie Viet Tan, parti pour la démocratie déclaré illégal par l’Etat communiste à parti unique.

Le Vietnam occupe le 174e rang sur 180 dans le Classement mondial 2014 pour la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

Bui Xuan Quang

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