Terrorismes

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Le mot « guerre » est enfin sorti de la bouche des dirigeants, des intellectuels, des journalistes français. La République contre la barbarie. Deuil national, état d’urgence. Non, vous allez me dire, ce n’est pas exact, ça a toujours été dit, mais il a fallu savoir lire, savoir s’informer. Je vous réponds que non, je suis un simple citoyen parmi d’autres, je n’appartiens ni à la classe dirigeante, ni à la classe intellectuelle, ni au syndicat des journalistes, et je vous dis, le peuple n’est pas au courant, le peuple a été bercé, berné pendant longtemps.

A la fin de la guerre, au milieu du siècle dernier, au lendemain de la victoire de la France du général de Gaulle, les cartes ont été rapidement accaparées et distribuées par la gauche intellectuelle. Politiquement correct est une expression américaine paraît-il. Mais les enfants, puis adolescents que nous étions, ont été éduqués pour la révolte de l’esprit, l’utopie, le rêve. Mai 68 est certainement le point culminant de cette fête de l’utopie à laquelle nous avons participé avec joie. Et nos enfants continuent à croire aux grandes dates d’anniversaire que de belles choses ont été réalisées, la société a progressé, la femme, comme l’enfant, a été libérée. Que Hollywood, Walt Disney… ont été vaincus. Puis, Charlie, puis ce vendredi 13 novembre 2015.

Est-il exagéré de penser que le terrorisme intellectuel que nos aînés ont imposé et que les plus brillants de notre génération ont relayé est la source même du terrorisme que nos enfants subissent sur notre sol ?

Comment se plaindre des islamistes lorsque nous avons fermé les yeux sur toutes les atrocités de Staline envers son peuple ? Et Mao avec sa belle révolution culturelle ? Et Ho Chi Minh avec ses réformes agraires, son Têt 68 ? On a fait une fête pour brûler le livre Les Habits neufs du président Mao de Simon Leys à Vincennes (1971, documents uniques et importants sur la Révolution culturelle), on s’est tu pour « ne pas désespérer Billancourt », mots fameux de M. Jean Paul Sartre, (il ne faut pas dire toute la vérité au peuple, Renault Billancourt représentait la classe prolétarienne).

Pourquoi les jeunes volontaires partant pour défendre les intérêts français en Indochine ont dû être protégés au moment de leur départ contre les Français anticolonialistes, et, à leur retour, blessés, ils se sont fait insulter par des femmes communistes sur leur lit d’hôpital à Marseille ? La droite s’est tue, elle n’avait pas droit à la parole. Et l’armée, bien sûr.

En ces jours, la guerre avait fini par gagner la France endormie. Le 13 novembre 2015 de Paris n’est certainement pas comparable au 11 septembre 2001 de New York, mais à New York c’était la guerre contre le capitalisme « origine de tous les maux », ici c’est contre la jeunesse joyeuse et inconsciente, « le péché, le mal ».

Peut-être nous pouvons laisser enfin Zemmour à ses lecteurs, sortons notre conscience de nos placards, regardons un peu plus loin. L’indifférence aux souffrances des peuples nous reviendra vite à notre porte, en boomerang, comme une arme mortelle contre nos enfants.

Pour avoir voulu représenter la famille d’un jeune homme de 17 ans, mort dans un commissariat, ces deux avocats, Trần Thu Nam et Lê Văn Luân ont été sauvagement agressés, le 4 novembre 2015 par des « voyous ».

Bui Xuan Quang

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